L'Artisanat à Alger Centre

La vannerie, artisanat qui utilise des fibres végétales, est une très ancienne activité. En Algérie, l’ Alpha est utilisée depuis la préhistoire. Des investigations archéologiques, d’Histoire plus récente, la période médiévale, ont mis à jour à Sétif, des restes de fragments de nattes du X – XI siècle.

Cet artisanat connaît un développement important en Algérie du fait de la disponibilité de l’alfa, du raphia et du palmier nain. L’alfa est le matériau de prédilection des nomades pour la fabrication des ustensiles de cuisine, car elle est légère au transport.

Les productions sont d’abord vouées à un intérêt domestique. Dans les milieux ruraux, les femmes confectionnent les ustensiles et accessoires de cuisine: tamis pour le couscous, couscoussier pour la cuisson, corbeilles plates ou légèrement creuses pour contenir le pain, les fruits ou simplement vanner les grains, mais également des pots à eau dont la surface externe est enduite d’huile de cade rendant l’objet étanche, tout en gardant le liquide frais et parfumé.

La fibre de palmier nain est utilisée principalement pou la fabrication des nattes, des chapeaux et des corbeilles.

L’osier et le rotin servent beaucoup plus à la fabrication de corbeilles et de l’ameublement ( sièges, salons, éléments de bibliothèque, chambres à coucher etc..). La ville de Koléa (wilaya de Tipasa), est réputée pour ses productions artisanales faites de rotin et d’osier.

Le roseau est utilisé pour les grandes corbeilles et pour les nattes servant pour la consolidation des plafonds des maisons traditionnelles.

Cet artisanat très usité dans les grandes villes était destiné à une certaine classe dont il couvrait les besoins en matière d’ustensiles decuisine, de bain et meubles. L’historien (Kaddache rapporte : « Les familles les plus riches avaient en outre des glaces de Venise, des tapis, de grands plateaux en cuivre… ».

Entre le XV et le XVIII siècle, l’arrivée des populations d’Andalousie, de Livourne ( Italie) et de Turquie a eu un impact bénéfique sur l’évolution de ce métier citadin. L’osmose entre le savoir faire des autochtones et les apports andalous européens et orientaux s’est avérée remarquable.

Au début du vingtième siècle, le métier de dinandier a prospéré dans les grandes villes comme Bougie, Laghouat, Ghardaïa, Alger, Constantine, et Tlemcen étant des centres antiques.

Cet art utilitaire et décoratif est toujours exercé dans ces anciens centres notamment à la Casbah d’Alger, la vieille cité de Constantine et celle de Tlemcen.

Le bijoutier algérien a crée des modèles puisés de son histoire et des différentes civilisations qui se sont succédées sur cette terre d’accueil. Cependant, il a su imprimer à sa production une empreinte particulière et caractéristique.

Le bijou traditionnel reste encore de nos jours porteur de message: ainsi, la femme se protège du mauvais œil en mettant une khamsa sur sa poitrine ou sur celle de son enfant; la femme kabyle portera une grosse fibule ronde sur son front dés la naissance de son premier enfant male; chez la femme targuie, sa manière de se parer traduit son mode de vie mais aussi les pratiques rituelles et le type de relations sociales.

Les techniques de réalisation du bijou diffèrent d’une région à une autre. Le bijou kabyle qui est le mieux connu et a le plus « voyagé », est original par l’emploi de différents émaux de diverses couleurs. On fabrique des ceintures, des bagues, des colliers, des boucles d’oreilles, des diadèmes. Les grosses et hautes chevillières ne sont que rarement confectionnées. Le bijoutier kabyle est toujours fidèle aux modèles ancestraux; celui des Aurès, continue de fabriquer les anciens modèles tout en recevant les influences de la mode.Il fabrique des anciens modèles en utilisant une nouvelle matière qui est l’or. Dans cette région on fabrique des boucles d’oreilles, des fibules, des temporaux, des diadèmes, des colliers et des ceintures. Ils se distinguent par leurs motifs filigranés, grenailles, demi-sphères creuses et sertissures de verroterie soudées sur les surfaces ajourées. Le bijou targui est particulier, il est fabriqué soit au moule ou façonné, soit découpé pour être ensuite décoré. Il est avec le bijou kabyle le plus connu des productions traditionnelles.

Beaucoup d’autres bijoutiers des autres régions utilisent la technique du filigrané et le torsadé. Aujourd’hui, le nombre d’artisans qui fabriquent le bijou algérien en argent a régressé notamment dans les régions de l’Est et autres où l’or a remplacé l’argent.

Miroir des us et coutumes des Algériens, le costume traditionnel a su conserver les traces de toutes les civilisations qui se sont succédées dans le pays. La façon de s'habiller a de tout temps constitué le reflet des sociétés de même que les étapes de leur évolution dans le temps. Le costume, son dessin, sa texture ou bien ses étoffes nous racontent les us et coutumes des peuples. De la peau originelle destinée à se protéger des intempéries, le costume prend une forme sans cesse renouvelée pour suivre les hommes dans leur histoire. Le costume suivra ainsi des vagues civilisatrices qui défieront le temps et ses outrages. En Algérie, le costume s'acheminera tout naturellement dans les différentes étapes vécues au travers des invasions. L'Algérie a subi des influences dues aux passages d'étrangers. Ce qui n'a pas empêché au costume algérien d'avoir des particularités stylistiques propres à chaque région.

La maroquinerie, ou travail du cuir plonge ses racines très loin dans le passé, il est évident que cet artisanat se soit développé d'une manière conséquente du fait que le travail de la peau dépende directement de la consommation de viande.Les poils servent aux tissages et les peaux sont tannées en cuir. Ces dernières serviront à créer des récipients, des fourreaux d'épées, des chaussures, des chasse-mouches, des taies d'oreillers, des ceintures, des selles de chevaux et de chameaux...etc. Le travail de maroquinerie est pratiqué du nord au sud du pays. La solidité du cuir, sa maniabilité et son travail facile lui permettront d'être privilégiés dans toutes les couches de la société algérienne, passée et présente.

Le plâtrier puise son histoire dans les temps les plus reculés. La blancheur en plus! La magie de cette alchimie en fait un produit noble et l'artisan se plaît à rappeler, à qui veut bien l'entendre, qu'il faut vivre avec le plâtre.Le plâtrier se révèle artiste lorsqu'il propose à ses clients une touche décorative: rosaces, corniches, pilastres, voûtes, plâtre teinté, gratté. Quant à la fin des outils les plus minutieux qui ébarbent les dernières aspérités. Au-delà de l'esthétique, le plâtrier met en avant les qualités fondamentales de son produit : régulation hygrométrique, isolation acoustique et thermique, protection incendie, confort du bien vivre, autant d'arguments qu'il sait placer en avant pour communiquer la passion de son métier et l'inscrire dans la modernité.

Les tissages algériens sont d'une diversité extrême et d'une richesse extraordinaire. Tapis, carpettes et coussins sont tissés dans toutes les régions avec des motifs aussi variés que riches. Le motif berbère original fut enrichi par la flore de l'art musulman et oriental.Des tapis à points noués, épais et aux grandes dimensions aux hambels, couvertures à décoration simple, en passant par les tapis à la décoration extrêmement riche des Aurès. Les styles et les formes se sont affinés pour devenir l'expression authentique d'un art conjugué au quotidien qui porte les indices de témoignages ambiants significatifs. L'âme de tous les peuples présents et passés nourrit de ces notes colorées.Les tissages ont su résister aux vicissitudes diverses grâce au génie des artisans qui ont su en préserver les bases particulières. Le don de soi de l'artisane qui tond, lave, teint et qui tisse ne s'embarrasse pas de préjugés théoriques anesthésiants. Elle est là, présente, elle se donne à cette passion vitale un peu comme elle va aux champs à l'aube naturellement. La mise en valeur, la pureté du style doit rester imprimée dans les gènes car, dépositaire de l'histoire d'une communauté.

La céramique algérienne est une forme plus affinée et artistique de la poterie rurale. La céramique d'art reste l'une des filieres de l'artisanat les plus productives,

Avec des artisans jeunes et créatifs et l'arrivée de nouvelles techniques de fabrication. La fabrication des objets en céramique, inspirée, à l'origine, des objets de poterie, fournit une gamme très riche d'ustensiles. La céramique est ornée soit par estampage, soit par sculpture, selon des techniques connues depuis des siècles chez les Perses.

La céramique algérienne est basée surtout à Alger, mais on la retrouve également dans d'autres villes comme Tlemcen, à l'ouest du pays et Medea au centre. Sa décoration varie selon les artisans. Elle est dominée par les motifs arabesques, d'une très riche décoration végétale aux formes multiples et multicolores. Certaines céramiques sont ornées de calligraphie arabe alors que d'autres puisent dans le patrimoine ancestral le plus ancien, s'inspirant de peintures rupestres du Tassili ou des motifs berbères géométriques.

L’artisan du sud qui s’inspirant de la nature et de la beauté de sa région, a eu le génie d’introduire cette nouvelle technique. Le travail du sable ou l’art de sablage consiste dans la réalisation de tableaux à l’aide du sable fin mélangé à la colle.Le sable suivant les dessins réalisés et la dextérité de l’artiste peut être en plat ou en relief .Le sable est souvent coloré pour des raisons artistiques.Il est à signaler que d’autres travaux de sable sont apparus dans d’autres régions du Sud et qui consistent au remplissage de bouteilles de sable naturel et coloré faisant apparaître le plus souvent des représentations de faune ou de flore . La diversification dans les représentations surtout complexes parait difficil.

En Algérie, la broderie est un artisanat pratiqué aussi bien en ville qu'en milieu rural. Alors que la broderie citadine s'est enrichie des influences de la décoration andalouse et orientale, la broderie rurale conserve dans certaines régions la décoration berbère faite de ces mêmes motifs géométriques qu'on retrouve sur les tapis et autres poteries.La broderie, grande tradition séculaire, nous met en face d'indices passionnants de la vie passée.La broderie d’Alger, de Cherchell et enfin celle de Annaba, est exécutée à fils comptés avec des fils de soie aux teintes chatoyantes, bleu, rouge, violet. Les tissus utilisés pour ces fins travaux sont la soie, le lin et le coton.Les villes d’Alger, Blida, Koléa, Médéa, Ténés continuent toujours de produire de la dentelle à l’aiguille. C’est un artisanat d’art qui reste pratiqué dans les maisons. Souvent, il constitue une source de revenus fort appréciable pour les femmes brodeuses.La broderie de Annaba est réputée pour son raffinement aux fils de soie décorant les vêtements et les objets utilitaires.D’admirables travaux d’aiguille sont réalisés dans les grandes villes par les femmes qui, réunies autour d’un Guerguef (métier à broder de forme horizontale à quatre pieds), se transmettent depuis des générations les techniques et motifs décoratifs.

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